Paul Verlaine, “Romances sans paroles”

Paul Verlaine (1844 – 1896)

Romances sans paroles

(1874)

ARIETTES OUBLIEE

I

Le vent dans la plaine
Suspend son haleine.
(Favart)

C’est l’extase langoureuse,
C’est la fatigue amoureuse,
C’est tous les frissons des bois
Parmi l’étreinte des brises,
C’est, vers les ramures grises,
Le choeur des petites voix.

O le frêle et frais murmure!
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l’herbe agitée expire…
Tu dirais, sous l’eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante
C’est la nôtre, n’est-ce pas?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s’exhale l’humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas?

II

Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes
Et dans les lueurs musiciennes,
Amour pâle, une aurore future!
Et mon âme et mon coeur en délires
Ne sont plus qu’une espèce d’oeil double
Où tremblote à travers un jour trouble
L’ariette, hélas! de toutes lyres!

O mourir de cette mort seulette
Que s’en vont, – cher amour qui t’épeures,
Balançant jeunes et vieilles heures!
O mourir de cette escarpolette!

III

Il pleut doucement sur la ville
(Arthur Rimbaud)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s’ennuie
O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure
Quoi! nulle trahison?…
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haineMon coeur a tant de peine!

IV

De la douceur, de la douceur, de la douceur.
(Inconnu)

Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses:
De cette façon nous serons bien heureuses
Et si notre vie a des instants moroses
Du moins nous serons, n’est-ce pas? deux pleureuses.

O que nous mêlions, âmes soeurs que nous sommes,
A nos voeux confus la douceur puérile
De cheminer loin des femmes et des hommes,
Dans le frais oubli de ce qui nous exile!

Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles
Eprises de rien et de tout étonnées
Qui s’en vont pâlir sous les chastes charmilles
Sans même savoir qu’elles sont pardonnées.

V

Son joyeux, importun, d’un clavecin sonore.
(Petrus Borel)

Le piano que baise une main frêle
Luit dans le soir rose et gris vaguement,
Tandis qu’avec un très léger bruit d’aile
Un air bien vieux, bien faible et bien charmant
Rôde discret, épeuré quasiment,
Par le boudoir longtemps parfumé d’Elle.
Qu’est-ce que c’est que ce berceau soudain
Qui lentement dorlote mon pauvre être?
Que voudrais-tu de moi, doux Chant badin?
Qu’as-tu voulu, fin refrain incertain
Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre
Ouverte un peu sur le petit jardin?

VI

C’est le chien de Jean de Nivelle
Qui mord sous l’oeil même du Guet !
Le chat de la mère Michel,
François-les-bas-bleus s’en égaie.

La Lune à l’écrivain public
Dispense sa lumière obscure
Où Médor avec Angélique
Verdissent sur le pauvre mur.

Et voici venir La Ramée
Sacrant, en bon soldat du Roy
Sous son habit blanc mal famé
Son coeur ne se tient pas de joie:

Car la Boulangère… – Elle? – Oui dam!
Bernant Lustucru son vieil homme
A tantôt couronné sa flamme…
Enfants, Dominus vobiscum!

Place! En sa longue robe bleue
Toute en satin qui fait frou-frou,
C’est une impure palsambleu!
Dans sa chaise qu’il faut qu’on loue,

Fût-on philosophe ou grigou,
Car tant d’or s’y relève en bosse
Que ce luxe insolent bafoue
Tout le papier de Monsieur Los!

Arrière robin crotté! place,
Petit courtaud, petit abbé,
Petit poète jamais las
De la rime non attrapée!…

Voici que la nuit vraie arrive…
Cependant jamais fatigué
D’être inattentif et naïf
François-les-bas-bleus s’en égaie.

VII

O triste, triste était mon âme
A cause, à cause d’une femme

Je ne me suis pas consolé
Bien que mon coeur s’en soit allé,

Bien que mon coeur, bien que mon âme
Eussent fui loin de cette femme.

Je ne me suis pas consolé,
Bien que mon coeur s’en soit allé.

Et mon coeur, mon coeur trop sensible
Dit à mon âme: Est-il possible,

Est-il possible, – le fût-il –
Ce fier exil, ce triste exil?

Mon âme dit à mon coeur: Sais-je
Moi-même que nous veut ce piège

D’être présents bien qu’exilés,
Encore que loin en allés?

VIII

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.

IX

Le rossignol qui du haut d’une branche se regarde dedans, croit être tombé dans la rivière.
Il est au sommet d’un chêne et toutefois il a peur de se noyer.
(Cyrano de Bergerac)

L’ombre des arbres dans la rivière embrumée
Meurt comme de la fumée
Tandis qu’en l’air, parmi les ramures réelles,
Se plaignent les tourterelles.

Combien, ô voyageur, ce paysage blême
Te mira blême toi-même,
Et que tristes pleuraient dans les hautes feuillées
Tes espérances noyées!

Mai, juin 72.

PAYSAGES BELGES

“Conquestes du Roy”
(Vieilles Estampes)

WALCOURT

Briques et tuiles
O les charmants
Petits asiles
Pour les amants!

Houblons et vignes,
Feuilles et fleurs,
Tentes insignes
Des francs buveurs!

Guinguettes claires,
Bières, clameurs,
Servantes chères
A tous fumeurs!

Gares prochaines,
Gais chemins grands…
Quelles aubaines,
Bons juifs-errants!

Juillet 72.

CHARLEROI

Dans l’herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

Quoi donc se sent?
L’avoine siffle.
Un buisson gifle
L’oeil au passant.

Plutôt des bouges
Que des maisons.
Quels horizons
De forges rouges!

On sent donc quoi?
Des gares tonnent,
Les yeux s’étonnent,
Où Charleroi?

Parfums sinistres!
Qu’est-ce que c’est?
Quoi bruissait
Comme des sistres?

Sites brutaux!
Oh! votre haleine,
Sueur humaine
Cris des métaux!

Dans l’herbe noire
Les Kobolds vont.
Le vent profond
Pleure, on veut croire.

BRUXELLES

Simples Fresques

I

La fuite est verdâtre et rose
Des collines et des rampes
Dans un demi-jour de lampes
Qui vient brouiller toute chose.

L’or, sur les humbles abîmes
Tout doucement s’ensanglante.
Des petits arbres sans cimes
Où quelque oiseau faible chante.

Triste à peine tant s’effacent
Ces apparences d’automne,
Toutes mes langueurs rêvassent,
Que berce l’air monotone.

II

L’allée est sans fin
Sous le ciel, divin
D’être pâle ainsi:
Sais-tu qu’on serait
Bien sous le secret
De ces arbres-ci?

Des messieurs bien mis,
Sans nul doute amis
Des Royers-Collards,
Vont vers le château:
J’estimerais beau
D’être ces vieillards.

Le château, tout blanc
Avec, à son flanc,
Le soleil couché,
Les champs à l’entour:
Oh! que notre amour
N’est-il là niché!

Estaminet du Jeune Renard, août 72.

BRUXELLES

Chevaux de bois

Par saint Gille,
Viens-nous-en,
Mon agile
Alezan!
(V. Hugo)

Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,
Tournez souvent et tournez toujours
Tournez, tournez au son des hautbois.

Le gros soldat, la plus grosse bonne
Sont sur vos dos comme dans leur chambre,
Car en ce jour au bois de la Cambre
Les maîtres sont tous deux en personne.

Tournez, tournez, chevaux de leur coeur,
Tandis qu’autour de tous vos tournois
Clignote l’oeil du filou sournois
Tournez au son du piston vainqueur.

C’est ravissant comme ça vous soûle
D’aller ainsi dans ce cirque bête:
Bien dans le ventre et mal dans la tête,
Du mal en masse et du bien en foule.

Tournez, tournez sans qu’il soit besoin
D’user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds,
Tournez, tournez, sans espoir de foin

Et dépêchez, chevaux de leur âme:
Déjà voici que la nuit qui tombe
Va réunir pigeon et colombe
Loin de la foire et loin de madame.

Tournez, tournez! le ciel en velours
D’astres en or se vêt lentement.
Voici partir l’amante et l’amant.
Tournez au son joyeux des tambours!

Champ de foire de Saint-Gilles, août 72.

MALINES

Vers les prés le vent cherche noise
Aux girouettes, détail fin
Du château de quelque échevin,
Rouge de brique et bleu d’ardoise,
Vers les prés clairs, les prés sans fin…

Comme les arbres des féeries,
Des frênes, vagues frondaisons,
Echelonnent mille horizons
A ce Sahara de prairies,
Trèfle, luzerne et blancs gazons.

Les wagons filent en silence
Parmi ces sites apaisés.
Dormez, les vaches! Reposez,
Doux taureaux de la plaine immense,
Sous vos cieux à peine irisés!

Le train glisse sans un murmure,
Chaque wagon est un salon
Où l’on cause bas et d’où l’on
Aime à loisir cette nature
Faite à souhait pour Fénelon.

Août 72

BIRDS IN THE NIGHT

Vous n’avez pas eu toute patience:
Cela se comprend par malheur, de reste
Vous êtes si jeune! Et l’insouciance,
C’est le lot amer de l’âge céleste!

Vous n’avez pas eu toute la douceur.
Cela par malheur d’ailleurs se comprend;
Vous êtes si jeune, ô ma froide soeur,
Que votre coeur doit être indifférent!

Aussi, me voici plein de pardons chastes,
Non, certes! joyeux, mais très calme en somme
Bien que je déplore en ces mois néfastes
D’être, grâce à vous, le moins heureux homme.

Et vous voyez bien que j’avais raison
Quand je vous disais, dans mes moments noirs,
Que vos yeux, foyers de mes vieux espoirs,
Ne couvaient plus rien que la trahison.

Vous juriez alors que c’était mensonge
Et votre regard qui mentait lui-même
Flambait comme un feu mourant qu’on prolonge,
Et de votre voix vous disiez: “Je t’aime!”

Hélas! on se prend toujours au désir
Qu’on a d’être heureux malgré la saison…
Mais ce fut un jour plein d’amer plaisir
Quand je m’aperçus que j’avais raison!

Aussi bien pourquoi me mettrais-je à geindre?
Vous ne m’aimiez pas, l’affaire est conclue,
Et, ne voulant pas qu’on ose me plaindre,
Je souffrirai d’une âme résolue.

Oui! je souffrirai, car je vous aimais!
Mais je souffrirai comme un bon soldat
Blessé qui s’en va dormir à jamais
Plein d’amour pour quelque pays ingrat.

Vous qui fûtes ma Belle, ma Chérie,
Encor que de vous vienne ma souffrance,
N’êtes-vous donc pas toujours ma Patrie,
Aussi jeune, aussi folle que la France?

Or, je ne veux pas – le puis-je d’abord? –
Plonger dans ceci mes regards mouillés.
Pourtant mon amour que vous croyez mort
A peut-être enfin les yeux dessillés.

Mon amour qui n’est plus que souvenance,
Quoique sous vos coups il saigne et qu’il pleure
Encore et qu’il doive, à ce que je pense,
Souffrir longtemps jusqu’à ce qu’il en meure,

Peut-être a raison de croire entrevoir
En vous un remords (qui n’est pas banal)
Et d’entendre dire, en son désespoir,
A votre mémoire. “Ah! fi! que c’est mal!”

Je vous vois encor. J’entr’ouvris la porte.
Vous étiez au lit comme fatiguée.
Mais, ô corps léger que l’amour emporte,
Vous bondîtes nue, éplorée et gaie.

O quels baisers, quels enlacements fous!
J’en riais moi-même à travers mes pleurs.
Certes, ces instants seront, entre tous
Mes plus tristes, mais aussi mes meilleurs.

Je ne veux revoir de votre sourire
Et de vos bons yeux en cette occurrence
Et de vous enfin, qu’il faudrait maudire,
Et du piège exquis, rien que l’apparence.

Je vous vois encore! En robe d’été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n’aviez plus l’humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts.

La petite épouse et la fille aînée
Etait reparue avec la toilette
Et c’était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.

Soyez pardonnée! Et c’est pour cela
Que je garde, hélas! avec quelque orgueil,
En mon souvenir, qui vous cajola,
L’éclair de côté que coulait votre oeil.

Par instants je suis le Pauvre Navire
Qui court démâté parmi la tempête
Et, ne voyant pas Notre-Dame luire,
Pour l’engouffrement en priant s’apprête.

Par instants je meurs la mort du Pécheur
Qui se sait damné s’il n’est confessé
Et, perdant l’espoir de nul confesseur,
Se tord dans l’Enfer, qu’il a devancé.

O mais! par instants, j’ai l’extase rouge
Du premier chrétien sous la dent rapace,
Qui rit à Jésus témoin, sans que bouge
Un poil de sa chair, un nerf de sa face!

Bruxelles. Londres, septembre – octobre 72

AQUARELLES

GREEN

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

SPLEEN

Les roses étaient toutes rouges
Et les lierres étaient tout noirs.

Chère, pour peu que tu te bouges
Renaissent tous mes désespoirs.

Le ciel était trop bleu, trop tendre,
La mer trop verte et l’air trop doux.

Je crains toujours, – ce qu’est d’attendre! –
Quelque fuite atroce de vous.

Du houx à la feuille vernie
Et du luisant buis je suis las,

Et de la campagne infinie
Et de tout, fors de vous, hélas!

STREETS

I

Dansons la gigue!

J’aimais surtout ses jolis yeux
Plus clairs que l’étoile des cieux,
J’aimais ses yeux malicieux.

Dansons la gigue!

Elle avait des façons vraiment
De désoler un pauvre amant,
Que c’en était vraiment charmant!

Dansons la gigue!

Mais je trouve encore meilleur
Le baiser de sa bouche en fleur
Depuis qu’elle est morte à mon coeur.

Dansons la gigue!

Je me souviens, je me souviens
Des heures et des entretiens,
Et c’est le meilleur de mes biens.

Dansons la gigue!

Soho

II

O la rivière dans la rue!
Fantastiquement apparue
Derrière un mur haut de cinq pieds,
Elle roule sans un murmure
Son onde opaque et pourtant pure
Par les faubourgs pacifiés.

La chaussée est très large, en sorte
Que l’eau jaune comme une morte
Dévale ample et sans nuls espoirs
De rien refléter que la brume,
Même alors que l’aurore allume
Les cottages jaunes et noirs.

Paddington.

CHILD WIFE

Vous n’avez rien compris à ma simplicité,
Rien, ô ma pauvre enfant!
Et c’est avec un front éventé, dépité,
Que vous fuyez devant.

Vos yeux qui ne devaient refléter que douceur
Pauvre cher bleu miroir
Ont pris un ton de fiel, ô lamentable soeur,
Qui nous fait mal à voir.

Et vous gesticulez avec vos petits bras
Comme un héros méchant,
En poussant d’aigres cris poitrinaires, hélas!
Vous qui n’étiez que chant!

Car vous avez eu peur de l’orage et du coeur
Qui grondait et sifflait,
Et vous bêlâtes vers votre mère – ô douleur! –
Comme un triste agnelet.

Et vous n’aurez pas su la lumière et l’honneur
D’un amour brave et fort,
Joyeux dans le malheur, grave dans le bonheur,
Jeune jusqu’à la mort!

Londres, 2 avril 1873

A POOR YOUNG SHEPHERD

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J’ai peur d’un baiser!

Pourtant j’aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate,
Aux longs traits pâlis.
Oh! que j’aime Kate!

C’est Saint-Valentin!
Je dois et je n’ose
Lui dire au matin…
La terrible chose
Que Saint-Valentin!

Elle m’est promise,
Fort heureusement!
Mais quelle entreprise
Que d’être un amant
Près d’une promise!

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J’ai peur d’un baiser

BEAMS

Elle voulut aller sur les flots de la mer,
Et comme un vent bénin soufflait une embellie,
Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie,
Et nous voilà marchant par le chemin amer.

Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse,
Et dans ses cheveux blonds c’étaient des rayons d’or,
Si bien que nous suivions son pas plus calme encor
Que le déroulement des vagues, ô délice!

Des oiseaux blancs volaient alentour mollement
Et des voiles au loin s’inclinaient toutes blanches.
Parfois de grands varechs filaient en longues branches,
Nos pieds glissaient d’un pur et large mouvement.

Elle se retourna, doucement inquiète
De ne nous croire pas pleinement rassurés,
Mais nous voyant joyeux d’être ses préférés,
Elle reprit sa route et portait haut la tête.

Douvres-Ostende, à bord de la “Comtesse-de-Flandre”

4 avril 1873

— BDU – BIBLIOTECA DIGITALE UMANISTICA —

a cura di Antonio De Lisa

Testi pubblicati a scopo di studio e di ricerca – Uso non commerciale

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